L’élevage intensif des poissons, un marché en pleine expansion !

Campagne Poissons PMAF
L’élevage des poissons représente un vaste marché. En France, chaque année, plusieurs millions sont élevés et abattus. Ce sont principalement des truites, des daurades, des turbots et des bars qui sont élevés, mais la production d’autres espèces telles que le cabillaud se développe. Une grande partie des saumons provient également d’élevages d’autres pays. La plus grande partie de tous ces poissons est élevée intensivement.
Au fil des années, c’est surtout l’impact environnemental et la qualité des poissons provenant des élevages industriels qui ont jeté un discrédit sur cette production. Aujourd’hui, la PMAF souhaite dénoncer l’impact négatif de ces élevages pour le bien-être des poissons.

 

Enfermés dans des cages surchargées

Enfermés dans des cages surchargées

L’élevage intensif des poissons peut-être aussi intensif que les élevages que l’on trouve sur la terre ferme. Aujourd’hui, bon nombre de saumons proviennent de ces élevages, et notamment d’Ecosse et de Norvège. Jusqu’à 50 000 saumons sont confinés dans chaque cage en mer. Ils sont élevés au large des côtes. Très entassés, les saumons parcourent des cercles incessants autour de la cage, tout comme les animaux dans les zoos qui secouent constamment la tête de haut en bas. Les nageoires et la queue s’abîment parce que les poissons se frottent contre la cage ou les uns contre les autres.

Du fait du confinement et des densités d’élevage trop élevées, les poissons peuvent souffrir de stress et devenir ainsi plus exposés aux maladies. Les crises sanitaires qui se sont succédées du fait de maladies, ont conduit à la mort de millions de saumons d’élevage. Le taux moyen de mortalité reconnu par l’industrie piscicole est alarmant. Les statistiques officielles indiquent que les taux de mortalité lors de l’élevage en mer atteignent 10% à 30%, un taux qui amènerait à ce que soit tirée la sonnette d’alarme pour n’importe quelle autre espèce animale d’élevage.

Les yeux des poissons sont particulièrement sensibles au stress. Bon nombre de saumons d’élevage souffrent de cataracte, à un point si critique que parfois les yeux saignent et les poissons deviennent aveugles.

elevages de poissons

Les parasites

Du fait des méthodes d’élevage intensives, les poissons sont infestés de parasites, en particulier par les poux de mer qui, s’ils ne sont pas traités, causent d’importantes souffrances et la mort chez les poissons. Ces petits crustacés se nourrissent de la chair du saumon. Les dommages causés par les poux autour de la tête peuvent être si importants que le crâne du poisson vivant peut se retrouvé à découvert. Les traitements actuels se concentrent sur l’utilisation de toxines puissantes. Les poissons sont entassés ensemble et sont baignés dans des organophosphates ou sont traités aux pyréthrines synthétiques ou reçoivent des traitements chimiques dans leur nourriture. Beaucoup craignent que ces méthodes aient des répercussions environnementales. Une alternative consiste à baigner les poissons dans de l’hydrogène peroxyde qui est très irritante, ou d’utiliser un autre poisson, le wrasse, comme nettoyeur, pour manger les poux qui se trouvent sur le saumon. Toutefois, beaucoup de wrasses meurent de stress, de faim ou de mauvais traitements ; ceci ne représente donc pas une alternative acceptable en terme de bien-être animal.

La présence de blessures aux nageoires et à la queue, l’apparition de maladies, de cataractes qui rendent les poissons aveugles, de malformations, de comportements anormaux, les taux élevés de mortalité, et la présence des poux de mer, démontrent que les conditions d’élevage des saumons devraient être rapidement et sérieusement améliorées.

Les truites

Le bien-être des autres espèces de poissons peut aussi être sérieusement altéré. Plusieurs millions de truites sont élevées chaque année en France. Elles sont entassées encore davantage que les saumons dans des bacs d’eau fraîche, et sont souvent abattues dans des conditions inhumaines. On élève 60 kg de poissons par mètre cube d’eau (60kg/m3). Ceci est l’équivalent de 27 truites auxquelles on aurait attribué une baignoire d’eau. Des taux plus normaux vont de 30 à 40 kg/m3. Des densités d’élevage aussi élevées provoquent des quantités importantes de blessures aux nageoires et à la queue.

La privation de nourriture et l’abattage

Plusieurs millions de saumons et de truites sont abattus chaque année en France. Ils sont normalement affamés 7 à 10 jours avant l’abattage. Les méthodes d’abattage pour les truites incluent l’asphyxie à l’air sur de la glace. L’effet refroidissant de la glace prolonge le temps d’asphyxie et retarde la perte de conscience, et les poissons sont toujours conscients près de 15 minutes après qu’ils aient été retirés de l’eau.

Une autre méthode d’abattage cruelle fréquemment utilisée pour les saumons et les truites est l’étourdissement à l’aide du dioxyde de carbone. Le bain de dioxyde de carbone - d’eau saturée conduit les poissons à se débattre. Ils cessent de bouger après 30 secondes, mais ne perdent conscience qu’après 4 à 9 minutes. Pour les saumons, il y a un fort risque que, au moment où les branchies sont coupées, ce qui constitue une étape de l’abattage, ils soient immobiles mais conscients alors qu’ils se vident de leur sang.

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La disparition des poissons sauvages

Beaucoup prétendent que l’élevage de poissons est une alternative intéressante pour réduire les prélèvements de poissons sauvages. En réalité, c’est l’inverse qui se passe. Les poissons d’élevage sont nourris avec des poissons sauvages. Environ 3 tonnes de poissons capturées dans la nature sont nécessaires pour produire une tonne de saumons d’élevage. Pour la Protection mondiale des animaux de ferme, l’élevage intensif des poissons est incompatible avec leur bien-être. Si cet élevage se poursuit, nous souhaitons que les mesures suivantes entrent en vigueur :

  • les densités d’élevage pour les poissons d’élevage devraient être considérablement réduites et la réglementation devrait préciser les densités d’élevage maximales autorisées
  • la lutte contre les poux de mer devrait être menée en utilisant des méthodes respectueuses du bien-être des animaux
  • les poissons d’élevage ne devraient pas être affamés durant de longues périodes avant leur abattage
  • les méthodes d’abattage qui sont largement utilisées, telles que l’asphyxie des poissons à l’air ou sur la glace, la saignée des poissons sans étourdissement préalable, et l’utilisation de dioxyde de carbone pour les étourdir sont cruelles, totalement inacceptables et devraient être interdites. Seules les méthodes d’abattage qui peuvent causer une mort instantanée ou rendre les poissons instantanément insensibles à la douleur jusqu’à la mort devraient être autorisées.