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L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) menace le bien-être des animaux

Depuis de nombreuses années, les règles du libre-échange de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) ont freiné les avancées en faveur du bien-être des animaux.
En effet, les règles de l’OMC n’autorisent pas un pays, ou un groupe de pays tel que l’Union Européenne (UE), à interdire les importations de produits même pour des raisons éthiques. De plus, il ne peut pas exiger que ses lois qui sont en vigueur pour protéger les animaux ou l’environnement soient appliquées aux produits importés de la même façon qu’elles s’appliquent aux produits domestiques.

 

Pour l’OMC, la règle de la libre circulation des marchandises doit primer sur d’autres motifs légitimes tels que des mesures destinées à protéger les animaux.

Les règles de l’OMC rendent également extrêmement difficile pour des pays l’adoption de lois efficaces pour protéger les animaux. Ceci est du au fait que, selon les règles de l’OMC, même si un pays interdit un mode d’élevage cruel sur son propre territoire, il ne peut pas interdire l’importation de viande ou d’œufs provenant d’animaux élevés dans des pays où ce mode d’élevage reste autorisé. Cette situation décourage des pays à adopter des réglementations plus strictes pour le bien-être des animaux, car leurs éleveurs pourraient alors se retrouver concurrencés par l’importation de produits peu chers, provenant d’élevages moins respectueux des animaux.

Voici quelques exemples :

 

L’importation de fourrures

L’importation de fourrures

Dores et déjà, l’une des mesures phares de protection animale de l’UE, l’interdiction d’importer des fourrures de pays qui utilisent les piéges à mâchoires, a été en grande partie abandonnée à cause des craintes que l’UE soit poursuivie devant l’OMC.

Les cages en batterie pour les poules pondeuses

Les cages en batterie pour les poules pondeuses

L’UE a interdit les cages en batterie conventionnelles pour les poules pondeuses à partir de 2012. Toutefois, selon les règles de l’OMC, elle ne peut par interdire l’importation d’œufs de batterie. L’UE appréhende cette situation et de ce fait, doit réviser son projet d’interdiction des cages en 2005. Alors, si les règles de l’OMC n’ont pas été modifiées pour autoriser l’UE à exiger que les œufs importés répondent aux mêmes critères de production pour le bien-être des animaux que ceux qui s’appliquent aux œufs de l’UE, l’UE pourrait décider d’abandonner son interdiction des cages en batterie.

Thons ne nuisant pas aux dauphins

Thons ne nuisant pas aux dauphins

Une tentative des Etats-Unis pour protéger les dauphins a été déclarée comme enfreignant les règles du libre échange. Dans certaines mers, les thons ont tendance à nager sous les dauphins. Les pêcheurs utilisent souvent les dauphins afin de localiser les thons. Ils jettent leurs filets autour des deux espèces et de ce fait beaucoup de dauphins sont capturés dans les filets et meurent.

Les hormones de croissance pour le bœuf

L’Union Européenne a interdit l’utilisation d’hormones comme activateur de croissance pour les bovins. Il a aussi interdit l’importation de viande de bœufs traités aux hormones. Ces hormones de croissance menacent sérieusement la santé des consommateurs et celle des animaux. Malgré ces menaces, les Etats-Unis ont poursuivi l’UE devant l’OMC pour tenter de la contraindre, du fait des règles de libre échange, d’accepter du bœuf traité aux hormones.

Les organismes manipulés génétiquement

Les Etats-Unis tentent également d’utiliser l’OMC pour obliger d’autres pays à accepter l’importation de produits manipulés génétiquement, et, sans doute pour bientôt, du lait et des œufs provenant d’animaux manipulés génétiquement.

Une réforme nécessaire

Les règles de l’OMC sont en cours de renégociation. Nous souhaitons qu’elles soient modifiées afin qu’elles cessent de porter préjudice à la protection des animaux. Les règles devraient être assouplies afin de permettre à un pays de refuser l’importation de produits qui sont dérivés de traitements cruels envers les animaux.

De plus, un pays qui a adopté des règles strictes pour le bien-être des animaux sur son propre territoire devrait être autorisé à exiger que ses importations proviennent d’animaux élevés selon des règles comparables.

Une approche plus large est nécessaire

Les membres de l’OMC devraient avoir une approche plus courageuse pour renforcer les réglementations existantes pour protéger les animaux et, si nécessaire, les défendre devant l’OMC.

Les Etats-Unis ont été audacieux pour défendre certaines mesures destinées à protéger les animaux. L’UE, au contraire, a abandonné sa réglementation concernant les pièges à mâchoires dès que les premières difficultés avec l’OMC sont apparues.

Les Etats-Unis ont également adopté une loi qui interdit les importations de fourrure de chiens et de chats ce qui est très encourageant. L’abattage des chiens et des chats utilisés pour ce commerce se fait souvent dans des conditions horribles. Normalement, l’interdiction d’importer un produit peut être considérée comme une infraction aux règles de l’OMC, mais les Etats-Unis voulaient très clairement apporter leur aide pour que soit mis un terme à ce commerce cruel. L’UE, ce qui est bien regrettable, refuse de suivre l’interdiction d’importation mise en place par les Etats-Unis, car elle craint d’être poursuivie devant l’OMC.

Il ne fait aucun doute que les règles de l’OMC bloquent certaines avancées pour la protection des animaux. Ces avancées devraient être mise en place au regard de certaines études scientifiques et du désir du grand public de voir le bien-être des animaux être mieux pris en compte.

La position de l’OMC devrait être modifiée. Quand un pays interdit des pratiques cruelles sur son propre territoire, il devrait être libre d’interdire les importations de produits provenant d’animaux traités de cette façon cruelle dans d’autres pays.